Le speed networking, dispositif original au service de la recherche d’emploi
Par Aude Bariéty
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Le speed networking, un bon moyen de se faire connaître des recruteurs
 

Zoom sur le speed networking, une sorte de speed dating professionnel qui permet à des personnes en recherche d’emploi de rencontrer des recruteurs et de s’entraîner en vue de futurs entretiens d’embauche.

A l’ère des réseaux sociaux professionnels virtuels (Viadeo, LinkedIn, Xing…), les dispositifs non-virtuels de recherche d’emploi ne baissent pas les bras. D’autant que l’efficacité des réseaux sociaux en matière de recrutement reste encore à prouver: ainsi, selon une enquête TNS sur l’efficacité des canaux de recrutement en termes de nombre de candidats, en 2013, seuls 2% des postes vacants en Europe étaient pourvus par l’intermédiaire des réseaux sociaux.

Réseaux d’anciens d’écoles ou d’entreprises, réseaux professionnels «réels», chambres de commerce et d’industrie, etc.: ces organes mettent en place de nombreux outils en matière d’aide à la recherche d’emploi, aussi divers que des annuaires, des ateliers d’amélioration de CV, du coaching, ou tout simplement des rencontres plus ou moins formelles pendant lesquelles les participants peuvent «réseauter» en toute tranquillité. Parmi tous ces dispositifs, il en est un qui séduit par sa formule: le speed networking.

Objectifs principaux: apprendre à «pitcher» et élargir son réseau

En 2010, la SNCF a recruté plus de 1000 personnes par le biais d’un speed dating professionnel géant. Quand l’événement n’est pas organisé par une entreprise, la formule est plutôt utilisée pour apprendre aux personnes en recherche d’emploi à résumer leur vie professionnelle de manière brève et percutante – «pitcher», selon le mot de Cédric Morin, auteur d’un Guide de l’entretien d’embauche (Editions L’Express, 2006).

C’est le cas du Réseau Oudinot, créé en 2004, qui a la particularité de rassembler 500 cadres ou dirigeants, aussi bien en activité qu’en recherche d’emploi – particularité qui fait sa «force», déclare Alain Desouche, son fondateur. Concrètement, le réseau, uniquement composé de bénévoles, propose à ses membres 250 évènements par an, parmi lesquels six sessions de speed networking. Chaque session rassemble douze membres en recherche d’emploi qui enchaînent les entretiens de quelques minutes chacun avec douze chasseurs de tête. Les participants ont au préalable été formés par d’autres membres du Réseau Oudinot pendant cinq semaines.

L’objectif n’est pas tant de retrouver un emploi à l’issue de ces entretiens que d’améliorer sa présentation et de se faire connaître. Catherine de Lembeye, directrice marketing/communication actuellement en recherche d’emploi qui a participé à deux sessions de speed networking, le confirme. «Il est relativement rare de retrouver immédiatement un travail» après une session, confie-t-elle, mais l’essentiel n’est pas là, car l’exercice sert avant tout à «parfaitement maîtriser son discours» et à «élargir son cercle de contacts». Le speed networking serait, en somme, une «aide indirecte» à la recherche d’emploi.

Il est donc difficile d’estimer précisément l’efficacité de cette formule, mais Alain Desouche précise qu’en 2013, sur les soixante membres de son réseau passés par une session de speed networking, 23% avaient retrouvé un emploi dans les six mois. Et Catherine de Lembeye de raconter l’histoire d’une DRH qui a retrouvé un emploi après un speed networking, non pas grâce à la session en tant que telle mais par le biais d’un des membres du Réseau Oudinot qui l’avait formée en vue de cette session!